Intérêt⋅s de gérer l’extinction régulière d’un serveur?

Coucou, comme @ljf je pose ça là histoire de le noter quelques part et peut être que d’autres auront des idées intéressantes.

Dans une autre discussion sur ce forum, je lis:

Je ne sais pas si ça fait suite à une volonté de sobriété ou une contrainte de production. Mais le soucis avec ça c’est que les cycles marche/arrêt vont engendrer des cycles chaud/froid dans l’électronique, avec des contraintes mécaniques de cisaillement qui vont finir par mettre en panne le matériel (en production électronique, on accélère les cycles chaud/froid pour faire des tests de qualité avec un vieillissement accéléré).

Or, comme l’ACV d’une machine montre que le coût écologique est largement centrée sur la fabrication, baisser de 40% la consommation électrique ne compense pas l’impact d’une réduction de quelques % de la durée de vie de l’équipement.

Du coup ça me questionne. Je n’ai pas de chiffre à l’appui mais je me demande si des gens ont étudié ce point.

Merci @PoluX de créer une discussion autour de ce sujet car il nous intéresse beaucoup chez Résilien.

Nous sommes conscients que l’impact écologique du matériel informatique est concentré au moment de la fabrication et que la réduction de la consommation électrique n’est que substantielle.

Nous avons cependant pensé que l’extinction des machines la nuit serait une bonne initiative dans une démarche de sobriété. D’une part réduire la consommation électrique permet de réduire les coûts et aussi l’impact écologique (même si substantiel, on économise quasiment la moitié d’un jour et les tarifs de fournisseurs comme Enercoop et Ilek sont assez élevés : cet été nous avons mesuré une moyenne de 1.5 kW/j pour l’infrastructure chez Weko ce qui nous coûterait environ 104€ sur l’année au tarif Enercoop, soit environ 9€/mois. C’est un petit coût à prendre en compte pour nos marges.). D’autre part, et c’est peut-être même le plus important pour nous, c’est de changer les habitudes et les usages afin que l’on accepte de réduire nos attentes en terme de disponibilité des services. Nous souhaitons économiser la multiple consommation d’énergie et de machines en ne proposant pas de haute disponibilité des services.

En revanche je n’étais pas conscient que cela pouvait engendrer un vieillissement prématuré du matériel. J’imagine bien que les cycles d’allumage/extinction intempestifs puissent dégrader l’électronique, mais à l’échelle d’une journée je pensais que ça n’aurait que peu d’impact.
Quid alors des conseils que l’on peut lire souvent pour encourager à éteindre les routeurs et box Internet la nuit ?

Si finalement c’est plus écologique de laisser les machines allumées, ça nous économisera de la logistique.

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À prendre en compte également : la nuit, on consomme beaucoup moins qu’en journée. Or, toutes les énergies ne sont pas pilotables (= « arrêtable et démarrable à volonté ». En France le nucléaire est la principale source d’énerge pour nous et est pilotable, donc pas forcément pertinent ici). Le vent ne s’arrête pas de souffler la nuit, l’eau continue de couler dans le barrage, le gaz continue de sortir du puits.

Cette énergie non utilisée est perdue (l’éoliène ne tourne pas, il faut lacher l’eau du barrage, il faut brûler le gaz qui sort).

Du coup, éteindre ses appareils la nuit creuse d’autant plus l’écart entre l’utilisation maximale et minimale et n’est pas forcément la meilleure chose à faire.
Là je ne suis pas un expert, il faut faire une vraie étude (peut être qu’il y en a eu) et ne pas juste se dire que « consommer moins = mieux » est le bon calcul : peut-être que ça n’apporte rien au niveau global si cette baisse de consommation provoque des pics et creux sur 24h.

D’autant plus que, par malheur, les sources d’énergie renouvelable (ce vers quoi on tend) on tendance à être aussi assez peu pilotables par ailleurs : on ne décide pas quand le vent souffle ou quand le soleil brille.

NB: Tout ce que je dis là bien sûr n’est valable que tant qu’on n’est pas capable de stocker correctement de l’énergie pour la ressortir plus tard.

C’est marrant j’avais totalement oublié cet argument, alors que y a déjà eu cette discussion sur le forum yunohost. Think more ecologic / Penser un peu écolo - Tutorials and How to's - YunoHost Forum

Une solution pourrait être d’éteindre les logiciels sans éteindre le matériel, quelqu’un⋅e a une idée de la variation de consommation entre un serveur avec ses services éteints et un serveur avec ses services allumés en charge ?

Et puis, accélérer les cycles chaud/froid, ne représente pas forcément la réalité au sens où des changements brutaux sont probablement plus problématiques que des changements lents.

Je croyais (peut être à tord) de mon côté que gérer l’arrêt d’un réacteur prenait plusieurs jours. Mais y a sans doute des subtilités qui m’échappent.

Si je dis pas de bêtise, en France on remonte l’eau dans les barrages pour stocker l’énergie nucléaire non utilisée.

La difficulté je trouve c’est de viser juste sur les attentes à réduire. C’est ça qui est vraiment pas évident je trouve dans le concept de l’écologie personnelle; une fois que :

  • t’arrêtes de prendre l’avion
  • tu manges presque plus de viande
  • tu fais durer ton matos
  • t’arrêtes d’aller au boulot en voiture (si tu peux)
  • tu isoles ton logement (si tu peux)

Les autres choses sont beaucoup moins évidentes en termes d’efficacité.

Je pense notamment au discours de Telecoop qui fait le lien entre la consommation de données et l’impact écologique. En soi, ce discours reste à prouver car finalement les infras (en l’occurrence celles d’orange) sont là. Il est probable que cette action collective des 500 sociétaires de telecoop ne soient pas suffisante ne serais ce que pour enlever/ne pas renouveler une seule antenne ou serveur… A la limite si iels étaient dans le même village peut être.

Ça ça me semble une bonne idée si vous êtes proche des machines pour les réparer. Car clairement les trucs de hautes dispo aboutissent en général à tout doubler pour n’utiliser en général que la moitié…

Non tu as raison. On ne peut pas démarrer une centrale « dans les temps » si un pic imprévu de consommation survient, mais on peut décider que dans 72h il faut avoir X MW disponibles supplémentaires et lancer ou ralentir une centrale pour prévoir ce pic (là où à l’inverse on ne peut pas décider qu’il y aura du vent dimanche midi pour préparer le chauffage dû à la vague de froid)

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Discussion intéressante sur le point de laisser en fonctionnement les serveurs, pc et autre ou les arrêter pour un ensemble de raison qui peuvent être de l’économie d’énergie à la « durabilité » de nos composants électroniques.
Très difficile de donner un avis objectif, je pense que les composants de nos pc, serveurs… ont bcp évolués et sont bcp plus fiable de manière générale aujourd’hui que dans le passé.
J’ai les 2 exemples opposés, mon serveur perso, tourne h24, à part les rares coupures électriques que je peux avoir sans avoir de problématique sur le matériel et je dois dire même que depuis quelques années les pannes sont de plus en plus rare alors qu’avant j’avais par exemple souvent des disques durs à remplacer, des problèmes d’alimentations, la qualité à clairement évoluée dans ce domaine là, mais je reconnais aussi que pour mon serveur je prends aujourd’hui plus du matériel qui est soit disant dédié à cela (Disque dur NAS ou serveur par exemple).
Inversement pour mon pc de tous les jours, je l’arrête dès que je peux, il tourne le moins possible, je peux le démarrer et l’arrêter 3 ou 4 fois par jour sans problème, je le fais tourner que dans le laps de temps que j’en ai besoin… et c’est pareil, il y a fort longtemps cela avait un petit impact, aujourd’hui je peux garder des configs de pc très longtemps sans constater la moindre défaillance (je ne parle évidemment pas de pc portable / tablette où il y a la notion de batterie et autres).
Je pense donc que aujourd’hui avec le matériel que l’on a, les arrêts / redémarrage, ne sont pas si impactant, dans la limite du raisonnable évidemment.
Après à voir le bénéfice réel d’arrêter le(s) serveur(s) la nuit, l’impact sur la consommation et les autres que vous avez abordé.

Peut-être que cette discussion illustre également un biais cognitif bien. cf cette citation :wink:

Ne vous laissez pas distraire par le mythe selon lequel « chaque petit geste compte ». Si tout le monde fait un peu, nous n’accomplirons qu’un peu. Nous devons faire beaucoup. Ce qui est nécessaire, ce sont de grands changements dans l’offre et la demande. « Mais, si 60 millions de personnes en font toutes un peu, ça va sûre- ment faire beaucoup, au total ? » Non. Cette calculatrice « si-tout-le-monde » est juste un moyen pour faire paraître grand quelque chose qui reste petit.

Si vous disposez d’un peu de temps et d’interêt sur le sujet, le cis.cnrs.fr propose un séminaire ouvert à toutes et tous. https://cis.cnrs.fr/seminaire-politiques-environnementales-du-numerique/
Le prochaine rdv est… demain de 14h à 16H en visio sur un bbb hébergé par l’université de grenoble s’il vous plait. :heart_eyes_cat:

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Je ne suis pas tout à fait à l’aise avec cette quote. On est d’accord que si on compte juste les petits gestes du quotidien, mis bout à bout ils ne représenteront pas grand chose. Sauf que si ces gestes sont coordonnés (par exemple « on arrête d’acheter des aliments surrembalés / avec du plastique »), alors les entreprises vont bien être obligées de s’adapter en arrêtant d’emballer leurs quartiers de mandarine individuellement (sic), et ça va provoquer un « gros » effet (sur lequel on n’a pas de contrôle immédiat, certes).
Donc oui, si chacun fait un petit geste ça suffit pas. Mais si plein de monde fait le même, ça peut finir par provoquer un effet en cascade.

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Je suis pas forcément ultra à l’aise non plus parce que cela nous heurte profondément sur nos modes de consommation. Et effectivement remet en cause fondamentalement le modèle économique dominant.

Je ne sais pas ce qu’est un petit geste, mais si quelqu’un qui mange principalement des chips se met à les accompagner d’une feuille de salade, je n’irais pas dire qu’il est dans une démarche diététique.

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J’ai cherché sans succès dans la littérature. Il faudrait demander à ecoinfo ils ont certainement accès à des corpus auxquelles je n’ai pas connaissance.

J’ai trouvé ça en ligne : Should I run my desktop 24/7?

Tu n’as pas à chercher bien loin. Lire les rapports environnementaux de Alphabet|Google suffit. À priori, la réponse est «non, on va pas éteindre nos dc la nuit». :smile_cat:
Mais c’est le point de vue de Google.