Je suis intéressé par vos retours d'expériences sur les permanences

Bonjour à toutes et tous, nous travaillons à monter une permanence à Vaulx-en-Velin avec Bricologis, dans la région Lyonnaise. L’accueil du public c’est leur métier et ils sont motivés pour nous accompagner, et je les en remercie grandement :pray:.

Pour l’instant, on vise de communiquer sur des permanences « pour se dégoogliser et aller vers un internet éthique », avec pour objectifs de 1) faire connaitre l’association et le collectif CHATONS (il y a maintenant des flyers CHATONS dans leur étagère à flyers ahaha…) 2) créer un compte, faire adhérer les gens 3) configurer les services, faire les premiers pas ensembles.

On a bien identifié l’agenda du libre, notre site web, nos réseaux sociaux et bien entendu Mobilizon pour relayer la permanence, mais je pense pas que ce soit suffisant pour « casser » notre bulle. Je vais continuer mes recherches sur la question je pense, vos recommandations à ce sujet sont les bienvenues.

Pour que ces permanences se passent au mieux, ils m’ont demandé si il était possible de récolter des informations sur les pratiques des autres membres du collectif. Je ne suis pas fan des sondages / formulaires, je préfère des retours à des questions ouvertes qui ne ferment pas les sujets possibles. Voici quelques questions qui ont été soulevées pour guider les réflexions.

  • Quel est le type de public que vous accueillez pendant vos permanences ?
  • Quelles sont les attentes de votre public ?
  • Touchez-vous les riverains de votre lieu de permanence ? Au contraire, les gens viennent-ils de loin pour vous voir ?
  • Quels sont les objectifs de vos permanences ?
  • À quel rythme tenez-vous ces permanences ? Elles durent combien de temps ?
  • Combien de personnes accueillez-vous en moyenne ? Est-ce très variable ? Vous êtes vous déjà retrouvé-e seul-e ? Quel est le nombre idéal de participant-es selon vous ?
  • Avez-vous déjà eu trop de monde ? Demandez-vous des inscriptions en avance ?
  • Comment et où communiquez-vous sur vos permanences ? Qu’est ce qui marche et ne marche pas sur la communication ?
  • Quels créneaux avez-vous choisi pour vos permanences (soir de semaine ? week-end ? autre ?). Pourquoi ? Quelles sont les contraintes de votre public ?
  • Est-ce que votre public vient avec son ordinateur ? Avec son téléphone ?
  • Avez-vous des conseils sur les choses à faire ? à ne pas faire ?
  • Quel est votre process « d’onboarding » pour les nouvelles et nouveaux venu-es ? Autrement dit, comment les accueillez-vous, du moment où ils et elles passent la porte, jusqu’à ce qu’ils et elles fassent parti de votre structure et/ou utilisent vos services en autonomie ?
  • Jugez-vous que les permanences sont utiles pour faire connaître votre CHATONS ? Pour discuter avec vos utilisateur-ices existants ? Ou qu’elles doivent servir à autre chose ?

Qu’en pensez-vous ? Quelle est votre expérience ?
Merci d’avance pour vos précieuses réponses :pray:

Hello Quentin,

Comme tu le sais je ne suis pas CHATONS et, avec un jeune de mon village, on tient une « permanence » un mercredi sur deux, dans le bar du village… Au début il y a eu un ou deux « curieux » puis 3/4, puis 4/5 et nous avons désormais de véritables « habitués ».

L’objectif de cette « permanence » consiste à expliquer aux utilisateurs qu’il existe des alternatives plus éthiques, plus simple d’accès, plus économes dans certains cas et que les GAFAM sont de moins en moins recommandables, si je peux m’exprimer ainsi.

Dès le 1er jour, on s’est aperçu que les participants ne comprenaient pas grand chose et qu’ils étaient bourrés de préjugés du style : ben pour aller sur Internet il faut Google… Et donc qu’il était impossible de leur parler d’éthique et/ou de vie privée tant que l’on avait pas décortiqué, avec eux, leurs usages en leur donnant un minimum de formation en commençant par leur expliquer ce qu’était un navigateur - et donc qu’il en existe d’autres… - ou encore où étaient stockés leurs mails et leurs photos, etc…

Et ce n’est qu’après cette étape qu’on a pu commencer à leur expliquer le fait qu’il existe des alternatives et leur montrer. Sans cette étape, tout autre discours est incompréhensible par la majorité des participants qui croient, dur comme fer, que : sans les GAFAM il n’y à pas de « numérique ».

Enfin, bizarrement, ce qui a le plus d’effet (savoir que des alternatives existent) consiste à faire revivre un PC Win7 poussif avec une distrib. GNU/Linux, ce qui permet à l’utilisateur de reporter une dépense conséquente, de plusieurs années…

Voilà !

3 Likes

Ci-dessous, ce qu’on fait avec Hackstub et ARN:

Globalement, iels veulent mieux comprendre et savoir comment agir à leur échelle pour sortir des gafam, faire durer leur matos, découvrir le libre, etc.

Des fois, iels espèrent une solution toute prête, des fois iels sont pas du tout « autonome » numériquement.

On a quelques personnes militantes qui cherchent aussi à se protéger, ou parfois se demandent ce qui relève de la parano ou pas dans leur modèle de menace.

Quelques profils toxiques: propos racistes, harcèlement pour obtenir des infos sur le bitcoin et comment gagner des sous facilement…

Côté parité ça s’arrange, même si plus l’évènement est gros, plus il y a d’hommes. C’est varié au niveau des ages (16-65ans) et des revenus. Il y a des parents aussi.

Il y a une porosité entre notre public et nos bénévoles. Et côté bénévoles, malheureusement, plusieurs personnes sont dans des situations précaires du fait de leur revenus ou de leur état de santé… Je ne sais pas si c’est représentatif ou pas de notre public.

C’est plutôt des personnes issues de l’euro-métropole, mais on a ponctuellement des personnes qui viennent de plus loin (parfois même des départements voisins).

On a plusieurs choses:

  • les hack ver alli:
    • des conférences/débats/projections/tables rondes pour sensibiliser sur plein de sujets de sociétés autour des technologies (celui d’octobre aura pour thème « Éducation sous surveillance »)
    • 1 fois par mois environ
    • la soirée officiellement 19h à 22h
  • Libérons-nous du pistage
    • Un atelier où est proposé simultanément une install party (desktop, smartphone, server), un atelier sur les navigateurs, de la découverte de logiciels libres et on envisage d’y ajouter de la réparation hardware.
    • 1 fois par mois
    • 4h l’après midi le 2ème samedi du mois
  • la Stammtisch du Hackstub:
    • le créneau du Hackerspace qui est aussi la permanence ARN. Ce créneau est assez libre, mais il permet de se renseigner sur un de nos services, et éventuellement d’obtenir de l’aide d’une personne présente (si il y a une personne dispo pour ça)
    • tous le svendredi soir à partir de 19h jusqu’un horaire non définis

On aussi d’autres formats programmés ponctuellement pour 2022/2023 (contrib’atelier accessibilité #2, escape game, network and magic, …)

On a des stats dans nos CR d’AG, mais bon globalement les « Libérons-nous du pistage » sont en chute de fréquentation et de motivation bénévole.

On envisage de les renommer et d’y ajouter une dimensions repair café spécialisé dans le numérique.

On a parfois fait des ateliers LNdP à 20, mais ces derniers mois c’est plutôt 2 à 3 participant⋅es en plus des bénévoles… Et oui je me suis déjà retrouvé seul. C’est aussi une problématique de communication. Je pense qu’on a fait le tour de notre cercle restreint, maintenant il faut aller plus loin.

Sur les Hack ver alli, selon la thématique et le passage dans un organe de presse, il peut y avoir du monde.

Après les RMLL, le max qu’ai fait hackstub devait être une conférence avec Jérémie Zimmerman et Léo Henry qui avait du faire venir 300 personnes, le cycle d’atelier qui avait suivi était bien remplis il y avait des listes d’attentes.

Mais récemment, il y avait un évènement sur technopolice dimensionné pour au moins 100 personnes où nous étions vraiment peu nombreux.

Côté atelier: on demande la pré-inscription pour les personnes qui veulent passer sous lineage OS histoire qu’on ai les bonnes animateurices et qu’on vérifie en amont que c’est possible.

Les évènements de sensibilisation sont un bon moyen pour amener des gens dans les ateliers d’actions ensuite. Sinon, on essaie de développer notre réseau en rencontrant les autres assos, le mieux quand les permanences s’essoufflent c’est d’aller organiser directement sur le terrain d’une asso partenaire.

On a fait par exemple au céméa, dans une école hors contrat, dans une asso de quartier, lors d’évènements de formation associatifs, etc. C’est rare quand on se déplace pour aller ailleurs qu’il y ai personne, mais ça demande plus de préparation.

Oui parce qu’on le précise dans la communication.
Mais il faut aussi préciser qu’on ne les obligera à rien, car iels peuvent avoir peur de ne plus gérer ensuite.

Idéalement faire des communiqués de presse dans la presse locale.
Éviter les blaques sur les personnes qui sont sous windows ou mac…
Faire attention aux limites, si tu donnes ton mail ou ton numéro de tel à une personne pas très autonome numériquement elle risque de te solliciter beaucoup voir de ne pas apprendre car elle va toujours te solliciter. Ceci suppose donc de bien analyser si ce que tu proposes à quelqu’un lui laissera suffisamment d’autonomie.

Pour LNdP, on présente rapidement l’asso et les différentes tables de l’atelier , et on rappelle que c’est un atelier contre la surveillance commercial (donc pas trop adapté pour les militant⋅es ou les personnes surveillées par un proche).

Au delà d’aider des personnes à sortir des GAFAM, ca sert à plein de choses, notamment avoir de nouvelles personnes bénévoles, mais aussi à garder la motiv et le lien entre nous et c’est peut être ça le plus important…

1 Like

oui mais quelle distrib alors ?

Mint Xfce tout simplement parce que c’est celle que je connais le mieux !

J’ai l’impression que Linux MINT est une bonne solution pour les gens qui transitent depuis Windows

Je suspecte que https://elementary.io/ est pour les gens qui transitent depuis MacOS

Hello !

Pour être plus précis, je propose Mint avec environnement Cinnamon sur les machines « récentes » et l’environnement Xfce pour les machines moins récentes ou à faibles capacités.

Dans les deux cas, les environnements sont très facilement configurables afin qu’ils puissent ressembler à du Windows ou du MacOS avec un deck par exemple.

Voilà !

On propose aussi majoritairement Mint Cinnamon de notre côté. Quelques autres ditrib pour des vieux ordi ou des situations spécifiques.

Comment faire déterminer quand un ordi est vieux ou pas encore vieux ?
( par les usagers lambda)

Ou comment procéder à l’inventaire de chaque ordi par un contributeur averti ?

En général, on regarde combien il y a de ram et la puissance du processeur. On peux aussi regarder si c’est un disque dur ou un ssd.

Si il y a 2 ou 3Go de ram, Linux mint cinnamon ne convient pas trop. A la limite avec une formation précise pour apprendre à économiser sa ram, à détecter quand ça « swap » et en travaillant avec un programme à la fois. Mais du coup xfce peut être une bonne idée car on pourra travailler plus facilement avec plusieurs fenêtres.

Si il y a moins de 1Go, ben là faut une distribution vraiment légère, potentiellement avec un navigateur plus léger que firefox. Ce genre de machine peuvent aussi faire des bons serveurs avec yunohost dessus (si c’est un ordinateur portable).

Dans toute cette histoire, il est important de bien évaluer si la machine est en mesure de répondre aux besoins et aux attentes de la personne. Sinon on tombe dans le schéma classique du « Linux ça marche pas » alors que c’est juste du matos ancien…

Il y aurait peut être un stickers à créer pour valoriser la démarche engagée d’une personne d’utiliser une machine ancienne sans en racheter une…

Merci pour les infos (pistes)
C’est effectivement pas vraiment simple , surtout si on n’a pas accès facilement aux « machines »
Des « ateliers Linux régionaux » (style Repair Cafe) semble être la meilleure approche