Surveillez les "conseillers numériques"!

Bonjour tout le monde,

Merci Angie d’avoir explicité ce qui me mettait mal à l’aise en lisant ces posts.

Aussi, je dois avouer que j’ai du mal à comprendre tes messages, @reminec. Je ne sais pas si c’est à cause d’un second degré, d’argot ou de blagues, mais c’est dur pour moi de te lire.

Je suis également assez dérangé par la démarche de sermonner les conseillers numériques de la sorte. Personnellement je le prendrais assez mal si une personne que je ne connais pas venait m’expliquer mon métier et me faire la leçon sur ce que je dois promouvoir ou pas − et en l’occurence, leur métier n’est pas de promouvoir des logiciels libres.

Et si on a un rôle à jouer dans la promotion d’outils libres qui pourraient leur servir dans leur travail, je suis certain qu’on peut le faire autrement qu’en les critiquant vertement. Ça pourrait même les intéresser, de promouvoir autre chose que du Google ! Essayons de ne pas nous les mettre à dos ?

tl;dr: Je suis assez convaincu qu’on peut être anti-GAFAM sans pour autant passer pour un·e relou :smile:

PS: On sera au NEC à Bordeaux demain.

4 « J'aime »

Je suis content, voire satisfait, des différentes réactions qu’il y a eu sur ce fil… Cela démontre qu’il y a, peut-être, un fossé entre ce que certains pensent et la réalité du « terrain » et que certains se posent aussi des questions sur leurs rôles dans cette société…

Défendre la « Cause » ne devrait pas être proportionnel au nombre de conférences que l’on tient !

Néanmoins, j’ai l’impression – je me trompe peut-être - que nombre d’entre vous sont encore éloignés de ce que nos politiques appellent la « fracture numérique ».

DE GRÂCE RENTREZ DANS L’ARÈNE … !!!

Le fait de participer et d’organiser des conférences sur les bienfaits du Libre ne permet pas réellement d’affronter cette « fracture ». Quant aux rôles des conseillers numériques et autres aidants il est pourtant très clair : inculquer les bases du « Numérique », le vocabulaire et le b.a.-ba des technologies qui nous entourent à des populations qui en sont « victimes » et qui ne comprennent pas grand-chose à ce qu’ils font ou à ce qu’ils utilisent.

COMPRENDRE…

Comprendre, c’est la seule mission que nous devons avoir vis à vis de nos utilisateurs ! Comprendre ce qu’est un système d’exploitation, comprendre que ses mails ne sont pas sur son smartphone ou son PC mais bien chez le fournisseur de messagerie, comprendre qu’un service gratuit est une forme de troc malsain (je te donne un service et tu me donnes ton âme), comprendre que les antivirus gratuits ne servent à rien, comprendre que d’utiliser trois navigateurs sur sa machine est un non sens, comprendre qu’il y a des alternatives à Windows, comprendre qu’un PC peut durer largement au-delà de 5 ans, comprendre que l’on n’est pas obligé de souscrire un abonnement à Office365, comprendre que l’on peut gérer correctement ses affaires (ses fichiers) sur sa machine, comprendre que Google n’est pas l’Internet, comprendre que lorsque que l’on possède une adresse en wanadoo.fr alors que l’on est plus client de Orange depuis plusieurs mois/années va poser un problème à terme, comprendre que Win7 et Win8 ne sont plus maintenus, comprendre qu’un PC qui rame n’est pas une machine usée ou en fin de vie , etc.

LA VRAIE VIE C’EST CELA !

Dans mon département (75ème au rang du PIB), je suis confronté, au quotidien à ce que l’on appelle la « fracture numérique » avec une population qui ne comprend pas, qui subit et paie le prix fort – et donc s’appauvrit – pour faire croire qu’ils sont dans le coup avec leur page Facebook (oui oui, Facebook est encore très prisé dans nos campagnes…) ou leur smartphone dernier cri, d’une puissance telle un réacteur nucléaire alors qu’ils ne font que du WhatsApp… Les quotidiens locaux (pauvres et à l’agonie) recensent inlassablement les commerces qui périclitent et qui ferment les uns après après les autres après parfois 30, voire 50 années de bons et loyaux services. Et pourtant, pas de Uber Eats ici, encore moins de Deliveroo, les distances sont telles que ces modèles ne tiendraient pas deux semaines… Certaines sociétés informatiques locales (des bricoleurs…) facturent jusqu’à 170€ un « nettoyage » de PC… Alors quand un Conseiller numérique fait l’apologie des services Vinted, Amazon ou Google au lieu d’expliquer comment maintenir sa machine, permettez moi de CRIER !

Alors certes, nos campagnes n’ont peut être plus beaucoup de valeurs pour certains d’entre vous, vous qui habitez Paris, Lyon ou Marseille mais ôtez-moi d’un doute, vegan ou viandard, heureusement qu’il y a la campagne non ? Mais peut-être n’avons nous pas les mêmes valeurs…

2 « J'aime »

Je vois pas trop ce que l’allusion aux citadins viandards, vegan etc. a à faire dans la discussion, et un ptit coup d’œil notamment au camp chatons montre qu’on est loin d’être toustes citadins :slight_smile:

1 « J'aime »

Le sentiment de Framasoft, me semble t’il, est que si la médiation numérique nous intéresse, alors il y a des points de rencontre évidents pour ces questions là, dont Numérique En Commun. Et je pense qu’Angie aimerait qu’il y ait d’avantage d’appétences sur ces questions au sein du collectif mais que ses expériences passées ont montré le contraire. Ça me met un peu mal à l’aise quand certain messages donnent l’impression d’exiger des choses de Framasoft, alors qu’on pourrait être aussi d’avantage dans une posture d’écoute

D’ailleurs à tout hasard, l’article dans Le Monde sur les CHATONS a été écrit dans le contexte de cet évènement Numérique En Commun (c’est écrit dans l’encart en bas). Il y a un sujet à soigner ses relations publiques pour exister à travers les médias dominants, quand bien même on ne soit pas satisfait dans les détails. D’autant plus que si on connecte les points jusqu’au bout, c’est probablement à travers la participation de Framasoft à cet évènement que le journal a eu l’idée de faire un article sur CHATONS. Ici bien sûr il n’est pas question d’engager l’image de CHATONS, mais je partage tout de même la réflexion.

Enfin, en général quand je prends position publiquement, j’essaie d’avoir un peu en tête les différents discours qui pré-existent à mon message, afin de les prendre en compte (soit en y opposant clairement une idée, soit en soulignant la connexion). En lisant ce fil, j’ai pensé à ce texte d’Éric Guichard et cette proposition de définition de l’éducation populaire. Et je me dis que j’aurais construit ma pensée un brin différemment afin d’être plus percutant si j’avais du interagir avec un conseiller numérique.

La militance est un jeu d’échec. Chacun place ses pièces de manière stratégique, avec plusieurs coups d’avances. Il est important de comprendre comment les réseaux, les structures, les relations de pouvoir fonctionnent, et comment les idées se diffusent. Et ça peut être bien de pas faire rater le coup des copaines au passage ^^

3 « J'aime »

Comme cela a été mentionné dans le fil de discussion, la vidéo de Lancement de Numérique En Commun 2023 est en ligne :

Je trouve qu’elle est assez révélatrice de l’écart entre une volonté (politique) théorique et une réalité, notamment dans les pratiques quotidiennes des CnFS.

Bonsoir,
Moi aussi j’ai été confronté à des utilisations de l’argent public pour ‹ aider › les big techs à recueillir plus d’utilisateurs.
J’ai assisté à plusieurs reprises à des ateliers d’accompagnement au numérique : création d’une adresse gmail, d’un compte facebook, utilisation des services Google, etc.
A chaque fois c’était à l’initiative du conseiller, sans demande utilisateur, et surtout sans aucune communication sur les risques associés.
En tant que ‹ partenaire officiel › de cette association - Linux Azur - je me suis permis de faire un point sur leur fonctionnement.
Les ordinateurs sous Linux étaient systématiquement écartés, l’équipe se justifiait du fait que le libre était trop compliqué… Qu’il fallait que NOUS les formions bénévolement… Mais malgré l’incohérence de devoir former des professionnels GRATUITEMENT, ils ne sont jamais venus, soit car en dehors de leurs horaires, soit car justement sur leurs horaires de travail…
Quant à expliquer les nécessaires protections des données personnelles, l’argument est que ce serait trop anxiogène !
Las… Nous avons demandé à ne plus afficher un quelconque partenariat pour faire cesser l’hypocrisie.

Alors oui, j’ai parfois l’envie de pousser un grand coup de gueule, même si c’est pisser dans un violon. Quand le directeur adjoint de la CPAM se félicite du financement d’un atelier de formation à l’utilisation de Discord auprès des jeunes… Comment ne pas être choqué de l’utilisation de l’argent public? Surtout que l’argument en faveur des GAFAM est leur convivialité, leur facilité d’accès…
Pourquoi donc des ateliers pour l’utilisation de codes ‹ intuitifs ›?

2 « J'aime »

C’est pas faux: le fait d’avoir une sensation de ne pas maîtriser, de n’y rien comprendre et qu’en plus des multinationales en profitent, ça n’aide pas vraiment ces personnes à choisir d’y passer un peu de temps.

Toutefois, puisqu’une partie du public se pose pas mal de questions sur le sujet, voir imagine des choses qui ne peuvent pas avoir lieu, il faut pas hésiter à faire remarquer qu’il est plus sain d’organiser des sessions pour répondre aux questions et démentir certaines idées un peu trop parano. A condition, bien sûr, de savoir de quoi on parle, et ça malheureusement, je suis pas sûr que tous les CN le sachent vraiment…

1 « J'aime »

« , ça n’aide pas vraiment ces personnes à choisir d’y passer un peu de temps. »
En vrai, la population concernée ne vient pas forcément par choix, mais beaucoup plus souvent par déshumanisation des interfaces remplacées par du numérique, chronophage à souhait…
Le passage au numérique est bien trop souvent imposé pour les aspects administratifs.

1 « J'aime »

Et bien, je rentre ce matin et découvre la suite des échanges… et j’ai pas vraiment envie d’en ajouter une couche. Merci à @quentin d’avoir bien synthétisé les choses.

Et pour l’anecdote, lors du NEC, un bingo a été mis en place et la 2nde occurrence de celui-ci est :

quand est-ce que vous passez sur un logiciel libre ? (ou tout autre commentaire sur l’usage des GAFAM)

Et j’ai bien fait attention pendant ces 2 jours à ne jamais prononcer cette phrase :wink: (parce que vraiment, j’en ai marre d’être toujours associé⋅e aux relous de la pureté libriste)

3 « J'aime »

Je pense qu’il y a une incompréhension quelque part ou bien je suis un nul en terme de communication… Sans vouloir en rajouter, relisez ces points :

  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens comment garder une machine Windows en bonne santé, ce que je fais au quotidien puisque 95 % de mes « élèves » sont sur Windows,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens comment ne pas envoyer systématiquement leurs photos et vidéos sur leur DriveGoogle (ou iCloud ou OneDrive), flinguant ainsi leur forfait Data opérateur, voire se sentir obligé de racheter du stockage quand c’est plein et qu’on ne comprend pas pourquoi,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens qu’il n’est pas nécessaire de prendre un abonnement à MS Office 365 pour faire un tableau ou un courrier,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens qu’un enseignant n’a pas le droit d’exiger qu’un devoir soit fait sur MS Excel ou MS Word,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens qu’un ordinateur qui rame n’est pas en panne et qu’il existe des solutions pour prolonger sa vie de plusieurs années,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens qu’il est possible de parapher et de signer un document PDF sans l’imprimer…

Des comme ça, j’en ai toute une cargaison…

Donc comme vous pouvez le constater, pas de « Librisme » ici, pas de haine non plus, juste un petit coup de gueule quand on on sait que nous sommes « bénévoles » et que nous passons des heures (plus de 100 par mois en ce qui me concerne) à réparer des discours faits par des gens payés par nos impôts.

Mais bon, je dois être un incompris…un peu comme Lucky Luke…

Rien d’étonnant dans les agissements des « conseillers numériques », l’empire impose toujours ces règles et normes.

Bonjour Stéphane,

Mon approche ne consiste pas à présenter des outils libres mais plutôt à présenter le « Comment ça marche » puis, dans la discussion avec mes élèves j’introduis le sujet des services et outils libres. Je ne fais aucun cours sur un outil, à l’exception de Keepass et, quand on me demande s’il existe un logiciel pour faire ceci ou cela alors je ne leur présente que des logiciels libres car je ne suis pas là pour promouvoir une entreprise ou encore moins un géant du numérique.

Par exemple, vous pouvez voir ici mon cours sur « Les Mails, comment ça marche ? ».

Merci Stéphane pour ton retour et les ressources fournies.

2 « J'aime »

https://www.sauv.net/meirieutron.htm

1 « J'aime »