Une alternative à l'expression "modèle de menace"?

Salut !

(Je suis pas certain de la catégorie dans laquelle poster ça, désolé si c’est pas au bon endroit)

Je suis en train de travailler sur un modèle d’atelier pédagogique pour accompagner les utilisatrices et utilisateurs vers des outils alternatifs.

Grosso modo l’atelier s’articule en trois parties:

  • État des lieux des usages actuels
  • Définition du modèle de menace
  • Définition d’un plan d’action de changement

Je ne suis pas fan de l’expression « modèle de menace » (ça fait peur, c’est trop technique). Comment est-ce que vous parlez de ça dans vos communications ? Vous avez d’autres mots / expressions pour ça ?

Merci !
Antoine

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La stratégie d’ARN est de faire des ateliers pratiques avec un modèle de menace déjà définis à l’avance:

  • le pistage par des entités commerciales sont traitées par l’atelier « Libérons-nous du pistage » parfois relooké en atelier contre l’obsolescence programmé.
  • la surveillance ciblées (hors proches) sont à traiter dans des ateliers dédiés (espionnage industriel, militant⋅es, journalistes, avocats, lanceur⋅euses d’alertes…) (ça fait un bail qu’on a rien fait sur le sujet d’ailleurs)
  • la surveillance des proches nécessite un atelier distinct et un dispositif particulier AMHA (on a pas encore fait, mais perso je fais un peu de sensibilisation dans des interventions et je renvois vers l’ECHAP)
  • la question plus lié au refus de la technopolice au sens large (mais pour l’instant on en est plus au stade sensibilisation/débat)

Si on procède de cette façon et si on rappelle l’objet de l’atelier en début d’atelier c’est pour éviter par exemple qu’une personne se mette à parler d’une action de désobéissance civile devant un public hétéroclite et mette en danger son collectif alors qu’elle venait pour faire l’inverse. Et idéalement faut faire en sorte d’en savoir le moins possible.

Évidemment, il peut y avoir des ponts entre l’un ou l’autre atelier.

Si t’on objectif est d’accompagner les usagers vers des outils alternatifs, je pense que d’abord il faut sensibiliser (si pas convaincu) puis proposer des ateliers pratiques. Un exemple des grande slignes d’un atelier sur la configuration navigateur: https://wiki.arn-fai.net/documentation:educpop:browser

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Oui, je fais exactement cela , soit un atelier pratique chaque semaine
Merci pour les sources d’informations , c’est ce qui nous apporte le plus.

Merci du retour @ljf !

Mais du coup vous employez l’expression « modèle de menace » auprès de vos bénéficiaires ? C’est précisément cette expression qui me dérange et à laquelle je voudrais trouver une alternative qui regroupe le concept derrière mais de manière plus digeste.

On n’utilise pas le terme « modèle de menace » sur « Libérons-nous du pistage », même si il peut y avoir des bénévoles occasionnels qui utilisent le mot parfois car notre discours n’est pas millimétrés ^^ Mais dans un passé lointain, on a effectivement fait des cafés vie privée où on présentait le terme et comment construire son modèle de menace, etc.

Par contre, la dernière fois qu’on a fait un atelier avec des militant⋅es, on a évoqué le terme car il s’agit pour chacun et chacune de réussir à évaluer du mieux possible sa situation (et selon le type de militant⋅es il y a plein de différence). ET dans le même temps, on peut tout à fait enseigner Tor / Tails / comment enlever des metadonnées d’un fichiers, etc. sans parler du modèle de menace… Le tout c’est surtout de faire gaffe que les gens ne se pensent pas en sécurité alors qu’iels ne le sont pas vraiment.

Mais, pour autant il faut à mon sens faire très attention aussi à ce que ce genre de réunion ne vire pas à la parano, car il y a tous types de profils. Le but de ce genre d’atelier c’est aussi de tempérer certaines craintes, parce que parfois des gens qui ne comprennent pas comment les choses fonctionnent peuvent s’imaginer des choses inexistantes. Et surtout, il faut avoir un discours suffisamment « positif » sinon les personnes se découragent ou sont parfois sous le choc de découvrir certaines pratiques.

Sur ce dernier point, le fait de faire entrer les gens en pratique (installation de plugin, configuration d’équipement, apprentissage d’une technique) permet de reprendre un peu de contrôle et donc quelques choses de positif.

Personnellement, je n’emploie plus le terme «modèle de menace» mais plutôt «modèle de dominance». Cela permet de s’affranchir de connotation trop techno-centrée ou trop genrée.
Du coup, un atelier vie privée peut débuter par une séance brise-glace au cours de laquelle chaque participant·e prend le rôle d’un «dominant» qui use d’une techno «menaçante». L’animateur est là pour distribuer les rôles et les technos. Puis pour expliquer, «ce soir, on va traiter plus particulièrement ce modèle», illustrer comment y échapper, ou orienter vers un autre atelier de pratique. echap.eu.org est une bonne source pour illustrer certain modèle, montrer qu’il est possible de reprendre le contrôle.

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