[Région parisienne] Discuter de l'impact environnemental du numérique samedi 5/02 17h

Hello les CHATONS :cat2:
On a eu plein de discussions très chouettes lors du camp CHATONS, et notamment de l’impact environnemental et climatiques des services qu’on propose. Dans les questions qu’on s’est posées (pour lesquelles on n’a pas forcément la réponse), on s’est demandé comment on pouvait accompagner des utilisateur⋅ices vers des formes de dénumérisation, mais aussi si un chaton pouvait être plus écolo que Google (si la question a même un sens, etc). Il se discute aussi plein de choses chouettes sur le forum aussi :).

Comme au Cloud Girofle on a été sollicités pour animer une formation grand public aux enjeux environnementaux du numérique, je me suis dit pourquoi ne pas faire tourner l’info, et on pourra poursuivre cette discussion en marge de l’atelier. Ça vous dit ?

C’est ce samedi 5/02, à partir de 17h au « fablab Bagneux Environnement », 5 allée du Poitou à Bagneux

Merci de vous inscrire avant jeudi soir (désolé pour le court délai), pour qu’on puisse anticiper la logistique.

Et sinon, on peut entamer/poursuivre la discussion ici :slight_smile:

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Je ne suis pas en région parisienne mais je réfléchis à la question. Je me permets de partager d’avantage mes interrogations que mes réponses suite à la proposition de @Maxime d’entamer la discussion ici, particulièrement suite à la phrase suivante qui m’a fait réagir !

mais aussi si un chaton pouvait être plus écolo que Google (si la question a même un sens, etc)

Tout d’abord la question de ce qu’on considère comme écologie n’a rien d’évident.

J’ai l’impression souvent que l’on réduit la question au réchauffement climatique, selon un mode de calcul en équivalent carbone. Pourtant il y a d’autres aspects à l’écologie, comme la question de l’extraction de ressources minières. En s’intéressant aux ressources minières, on tire également une seconde ficelle : celle de la fabrication et de la fin de vie (je ne prononcerai pas le mot « recyclage »). J’ai l’impression qu’en France, c’est le plus inquiétant en informatique, la fabrication et la fin de vie, bien devant l’exploitation, comment le quantifier, comment en parler ?

Ensuite, Google essaie de quantifier l’écologie, il dit qu’il alimente ses datacenters en énergie verte, etc. Mais ça ressemble à une « financiarisation » de l’écologie, car Google est pas vraiment connecté sur un réseau électrique avec des éoliennes et des panneaux solaires. En réalité il est connecté au même réseau électrique que tout le monde. Juste il paye un peu plus cher le fournisseur d’énergie qui valide que autant d’énergie « renouvelable » a été produite qu’il a consommé. Mais même là, on ne finance pas le renouvelable car bien souvent ce sont déjà des infrastructures en place depuis longtemps, à l’image des barrages hydrauliques qui sont là depuis plusieurs centaines d’années. Comment s’en sortir sur ces débats d’énergie ? Ça n’a pas du tout l’air d’être un problème individuel, ça semble pouvoir se régler car l’échelle nationale/politique. Est ce que la solution pour le moment c’est l’approche off grid du Solar Low Tech magazine ?

Enfin, à mon sens un CHATONS transparent est forcément mieux que Google. Car même si ce dernier a les ressources les plus optmisées au monde, il va conserver énormément de données analytiques sur nous. Un exemple frappant c’est par exemple comment Amazon garde pour toujours tout ce que vous dites à Alexa (source). Il suffit de voir toutes les boites de big data et les solutions cloud pour traiter des Peta Octets de données. Les GAFAM ont pas peur de lancer des algos qui vont utiliser des milliers de machine juste pour faire des stats sur l’utilisation de leurs services par leurs clients pros. Bref, je pense que les GAFAM sont capable d’optimiser mais inexorablement cette marge est utilisée à la recherche de profits commerciaux. Je ne me souviens plus du nom de ce procédé, mais c’est le même pour les écrans TV : un écran plat à surface équivalent consomme moins qu’un écran plat → on a augmenté la taille des écrans, l’enveloppe énergétique est restée constante. Comment faire prendre conscience du coût écologique de la surveillance/économie de l’attention au grand public ? Comment la quantifier ? Comment ne pas tomber dans ces travers ?

Enfin dernier point, on ne peut pas ignorer que Google ce n’est pas que des datacenters, mais un écosystème mobile (Android), bureau (Chrome et les web apps Google) et de gadgets en tout genre (Watch, Nest, etc.). En étant toujours plus nombreux, plus gourmands, plus fermés et plus rapidement obsolètes, c’est bien Google qui nous pousse à renouveler plus vite que nécessaire notre matériel, qui nous empêche de le réparer. C’est pas une démarche écolo. Un CHATONS qui prend la peine de proposer des protocoles et services légers, des applications largement compatibles, une aide au dépannage des produits anciens a, à mon sens, une approche beaucoup plus écologique que Google. Comment critiquer l’impact des choix techniques et commerciaux opérés par Google ? Particulièrement sur nos terminaux et sur nos usages ? Comment en tant que CHATONS ne pas répliquer sans s’en rendre compte le mode opératoire de Google ?

Je vous laisse sur cet embryon de réflexion, je suis curieux d’avoir votre avis, et bon atelier à celles et ceux qui se rendront au fablab de Bagneux !

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@Maxime : est-ce que je peux diffuser l’info sur les réseaux sociaux ?

Oui tu peux ! (après les places sont limitées, mais normalement c’est géré à l’inscription).

https://twitter.com/ChatonsOrg/status/1488863372187684867
et
https://framapiaf.org/@ChatonsOrg/107728580116258170

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Merci @quentin de toutes ces réflexions. Ça me rappelle des discussions entamées pour moi lors du camp CHATONS, avec @Khrys, @stephane, @keo et @Solenn_CloudGirofle.

Oui, j’avais laissé le propos volontairement vague, justement pour ouvrir la discussion. Et plus le temps passe plus je réalise à quel point le sujet est vaste et tout est imbriqué (et que j’avais une vision limitée de tout ça).

Lors de l’atelier de samedi, l’extractivisme était le point le plus délicat à aborder. Le rapport ds ingénieurs du collectif SystEx aide un peu pour le factuel, mais j’ai l’impression qu’on ne peut pas s’arrêter à l’impact environnemental sans parler de la dynamique d’exploitation de ces ressources, qui me semble clairement néo-coloniale : au final ce sont de grandes entreprises occidentales qui captent l’essentiel de la valeur (j’ai appris que dans un smartphone, il y a pour moins de 5 USD de matières premières brutes), et j’ai eu pas mal de difficultés à trouver des quantifications.

Qui extrait ? Pour le compte de qui ? Dans quel pays et sous quel régime de travail ? J’avais assisté à une intervention passionnante de Raphaëlle Chevrillon-Guibert, qui a travaillé sur les enjeux politiques de l’orpaillage artisanal au Soudan. Ça m’a fait toucher du doigt que certains impacts, certaines dynamiques sont irréductibles à une quantification, de type bilan carbone, ACV (analyse de cycle de vie), ou autre.

Pour avoir une idée un peu quantitative des impacts dans une démarche de type ACV, l’ADEME et l’ARCEP ont sorti le mois dernier une étude qui estime les impacts par « français » (en proposant des variations entre les « pauvres déconnectés » et les « riches hyper connectés » - pour simplifier). Les chiffres sont intéressants et n’ont pas l’air trop faux. D’ailleurs, est-ce que quelqu’un en a déjà une petite note de synthèse ou j’essaie d’en faire une ?

Autre point qu’on a eu du mal à aborder pendant l’atelier. Est-ce que quelqu’un aurait une ressource claire et un peu récente sur l’état du recyclage des D3E (déchets d’équipement électriques et électroniques) ? Concrètement, je me demande quand je met mon smartphone de 200g dans la boîte de recyclage d’un éco-organisme, quelles sont les matières qui vont être récupérées, et pour quoi peuvent-elles être utilisées ?

Stéphane m’avait un peu titillé sur Google j’ai un peu creusé leur rapport environnemental :). En préambule, il m’a fait remarquer que leur rapport est justement à destination de financiers, la méthode d’évaluation et qui demande ces rapports peut expliquer la vision du monde qui y est projetée, avec des fois des incohérences fortes (pour Google je ne sais pas, mais pour TotalÉnergies ça fait plusieurs années que leur rapport « développement durable » indique qu’ils sont sur une trajectoire de neutralité carbone, tandis que leur rapport financier indique qu’ils sont sur une trajectoire « business as usual »).

C’est un sujet passionnant qui mériterait d’être creusé !

Le paradoxe de Jevons ! (aka l’effet rebond)

Je trouve que la question est délicate à traiter, non pas parce qu’on n’a pas de données, mais que j’ai l’impression qu’on peut arriver assez vite à des fausses solutions.

Si tu poses la question du coût écologique de la surveillance, je ne doute pas que dans quelques mois une entreprise proposera de la surveillance éco-responsable à base de serveurs alimentés aux éoliennes et aux caméras en plastique recyclé :upside_down_face:.

La même logique s’applique si on ne développe pas une critique un peu globale du système de l’économie de l’attention.

Tu mets des mots sur quelque chose d’important que je n’avais jamais vu aussi clairement, merci ! Je suis motivé pour creuser la question, à la fois théoriquement et en pratique :).

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Hello les CHATONS :cat2:

Petite info, on refait la formation/discussion sur l’impact du numérique mercredi prochain :
C’est mercredi 6/04, à partir de 17h au « fablab Bagneux Environnement », 5 allée du Poitou à Bagneux.

Merci de vous inscrire avant jeudi soir , pour qu’on puisse anticiper la logistique.

Au plaisir de vous y croiser !

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