Surveillez les "conseillers numériques"!

Ah que non; j’ai claqué la porte aussi vite que je l’avais ouverte j’en ai encore les dents serrés :grimacing:

Tout juste, je peux t’en dire que :

  • Sur le terrain c’est nimp. Les services sociaux ou public, ou bien tata qui aide mamie en demandant les identifiants/mot de passes : Tu peux te retrouver dans la mouise pour avoir agi en tant qu’aidant sans mandat.
  • Donc il a fallu implémenter ce mandat
  • Et donc, faut se déclarer aidant dans ce mandat.

Tu peux saucer le tout avec franceconnect, et si tu aimes bien épicé : https://www.laposte.fr/digiposte/tous-mes-documents-partout-et-tout-le-temps
P’tite note de sucrée/salée pour faire glisser : https://grisebouille.net/franceconnect-ou-gafamconnect/

Et paf ! t’as digitalisé tata qui devient « aidants connectés » pour mamie :nerd_face:

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ET DONC A LA TOUTE FIN :grimacing: :grimacing:
Fichtre, je resserre des dents. Vite mes cachets!

(on reboucle sur le problème, bonjouuuur @fabrice61 heureux de te relire)

Le CNFS il va devoir animer des bidules orienté GooglePhone pour tata digitalisé car leur foutue authentification ne marche pas sans un compte googleplay/iphone pour télécharger l’APK.

Comme tu vois ça de Belgique, en bon français McKinseysque, si on te demande on appelle ça une solution souveraine et simple pour les usager-es ; sans rire.


(Désolé des multi posts, Ping @stephane pour la précision, cc @MickGe pour avis)

Sous réserve d’avoir manqué un truc

Pour être complet , le titre de Responsable d’espace de médiation numérique s’acquiert après l’obtention de l’intégralité des « Certificats de Compétences Professionnelle » (CCP) :

  1. RNCP34137BC01 - Accompagner différents publics vers l’autonomie dans les usages des technologies, services et médias numériques
  2. RNCP34137BC02 - Contribuer au développement d’un espace de médiation numérique et de ses projets
  3. RNCP34137BC03 - Contribuer à la gestion d’un espace de médiation numérique et animer ses projets collaboratifs

Tu retrouves la liste détaillée des compétences sur ton lien https://www.francecompetences.fr/recherche/rncp/34137/#ancre3

En tant que CNFS, tu n’obtiens que le 1er CPP « RNCP34137BC01 » ; et le référentiel et les conditions d’examen se retrouve dans ce gros pdf, page 63. Perso, c’est un des premiers documents qu’on a ouvert en formation
https://certifpro.francecompetences.fr/api/enregistrementDroit/refActivity/19295/35384

Et là, le monde merveilleux des McFumisteries s’ouvrent à toi :

La mise en situation consiste à conduire une séance de médiation numérique pendant 40 minutes en présence du jury.
En amont de la session, le candidat a préparé cinq actions de médiation numérique. Chaque action est rattachée à un environnement technique différent : ordinateur, tablette,imprimante 3D, robot pédagogique programmable et microcontrôleur (de type Arduino ou Raspberry Pi).
Le candidat présente au jury cinq fiches correspondant chacune à une action de médiation numérique

Pour bien se représenter le truc, on peut imaginer Liliane de la Communauté de Commune de Trou-en-lozere qui comprend à peine pas httpS, mais qui se demande bien ce qu’elle fout là à causer microcontrôleur et impression 3D.

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Pour info, je suis depuis plusieurs années en charge des partenariats de Framasoft avec les acteur⋅ices de la médiation numérique, dans l’optique de porter la question de l’usage d’outils plus éthiques dans les pratiques de médiation, ayant fait le même constat que Fabrice.

Je pense cependant que s’attaquer individuellement aux CNFS, aidants numériques et autres médiateurices numériques me semble une très mauvaise stratégie si l’on veut donner une image positive de notre secteur et convaincre de l’intérêt d’accompagner les citoyen⋅nes à utiliser des services plus éthiques. Ce n’est pas en critiquant ce que font les gens qu’on peut leur donner envie de se rallier à ce qu’on défend.

Chez Framasoft, nous avons mis en place une autre stratégie depuis 2021 : entrer en relation avec les institutions qui portent les questions de la médiation / inclusion numérique (ANCT, coopérative LaMedNum, organismes en charge du titre de REMN, hubs territoriaux à l’inclusion numérique, coordinateur⋅ices départementaux du programme CNFS, etc.) et voir avec elles comment infuser auprès des professionnels réflexions et informations sur la toxicité des géants du web, les enjeux qu’il y a à accompagner à la transition vers des outils plus éthiques, etc. Bref, pour résumer, on leur fait remarquer l’incohérence qui existe entre les valeurs que ces organisations affichent et leur absence de portage de pratiques de médiation plus éthiques.

C’est un travail de longue haleine. Non pas parce qu’au sein de ces institutions on ne rencontre pas des personnes convaincues, mais plus parce que la formation initiale et continue ne comprend actuellement quasiment rien sur cet aspect et qu’il n’est possible de changer celles-ci qu’à la marge. Pour autant, nous avons commencé le travail d’éducation populaire dans ce secteur et rencontrons de beaux succès : de plus en plus de médiateurices numériques se forment à ces questions. Oui, il faudrait qu’il y en ait plus, mais pour cela, il faudrait aussi que ce ne soit pas qu’à Framasoft de faire le job. On serait ravis si d’autres membres du collectif étaient présents sur les événements fédérateurs du secteur (les NEC). Combien d’entre vous seront à Bordeaux à #NEC2023 pour aller « évangéliser » ces deux prochains jours ? Ou à Lille le 7 novembre ? Ou à Paris le 8 novembre ? Ou à Strasbourg le 9 novembre ? Ou à Valence le 21 novembre ?

Si nous voulons que ça change, rendons-nous visibles et faisons en sorte que la question des pratiques numériques émancipatrices soient un sujet dans chacun de ces événements.

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Hello Angie !

Cela fait trois années que je tanne ces personnes en organisant des rencontres, des conférences et en y passant des heures et des heures et, quand je vois le constat des fois ça m’énerve… Donc, OUI sur le fond tu as entièrement raison mais imagine un peu ma réaction quand j’entends : les gens ne veulent pas de ton LIBRE et de ton LINUX (comme si c’est moi qui le vendait…) mais du FACEBOOK et du TIKTOK !

Pour me consoler, j’ai initié depuis la rentrée au sein de la MJC un « Atelier Numérique » avec 20 élèves (moy. d’âge 50 ans) où l’on réapprend à apprivoiser son ordinateur, à reprendre le contrôle de ses données, à découvrir le monde merveilleux des logiciels libres et à comprendre les concepts de base. Alors même si on a passé beaucoup de temps au début à remettre des machines Windows d’équerre (mises à jour, un seul navigateur suffit…, sans 3 anti-virus gratuit qui se marchent dessus, sans applications inutiles) on est désormais dans un cercle vertueux !!! Depuis, 2 élèves ont fait le pas vers une distribution Linux en lieu et place d’un Win10 poussif sur des machines peu puissantes/vieillissantes… Et je ne les pousse vraiment pas à le faire…

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C’est parfait qu’on rebondisse ici,
j’en profite pour faire mon auto-critique, présenter des excuses, je suis pas satisfait de ma réaction d’hier sur la fediverse qui évoquait l’article du Monde

Je te rejoins 100% qu’il faut préserver les personnes sous les casquettes & polos de CNFS (à 2doigts de me mettre un uniforme les bougres :face_with_peeking_eye: ) ;

Que le discours militant (prise d’opinion acérée) fait bien souvent de l’ombre au bon sens qui nous amène à les contacter.
(Ruffinade si vous avez la ref)

Quand je bafouille sur l’ANCT, c’est une façon de renvoyer à la politique de l’État, État startup au moins juqu’en 2027.

Qu’on me corrige si je me trompe, je suis pas un pro du truc
On peut rappeler par exemple que plutôt que de s’appuyer sur l’existant, pérenniser les moyens déjà en place, on refait un truc from scratch (depuis le début).
On fait appelle à UberProf, pardons les consultants indépendants refacturés par Webforce pour la certif CNFS, dans des cohortes en téléformation sur zoom où on aurait matière à écrire une tournée de spectacle vivants, dans le genre tragi-comique.

On est les VRPs (comme les profs) de ce truc pas loin d’être immonde qui s’appelle PIX ; dont on nous demande de bien volontiers corrigé le contenu alors qu’il est proprio. (Pour faire bien on lache une license type AGPL sur le code source, m’enfin sans data ça sert à rien)

Histoire de se sentir bien sale, on rappelle que PIX est portée par une ‹ startup d’état › ; un bidule dans le genre Capital-Partenariat-Public-Privé

Sur un poste qui sera au final financé 24mois je crois ? Et après la structure elle en fait quoi de son CNFS pas budgété (et que t’as du équipé) ?

Et le CNFS, il est bien dans sa vie avec un CDD au dessus de la tête si il atterrit dans une structure précaire.

En version plus longue, on repensera à Lost in médiation   – Framablog

Ca évoque des choses à quelqu’uns les « maisonnettes » du CNFS ? (je sais plus comment on les appelles). Je vous explique, c’est le service publique Agile !

T’as plus de services publique, que des interfaces numériques, mais pas d’ordi ?
Tu me trouveras des fois en permanence, avec ma casquette, mon polo, ma maisonnette en bois ‹ france service › sur roulette ; pour te demander de saisir ton code franceconnect :nerd_face:

Nan franchement, va falloir être un sacré équilibriste pour préserver le bon sens de la crise de sang

Désolé, j’enchaîne sur ces meubles pour illustrer le bidule.

Comme McKinsey prends tout le pognon, on essaye de faire des effets de levier avec les sous qui reste pour le social.

Comment ?
Attention à pas casser une molaire :grimacing:

Avec du Mobilier d’inclusion numérique | Agence nationale de la cohésion des territoires biensûr !

Dans les millions du programme CNFS, il y a une partie dédiée à l’équipement dudit CNFS.
Si équipement vous entendez par arduino ou machine 3D pour que Liliane de Trou-Sur-lozere puisse passer sa certif dans de bonnes conditions, euhhh non, fausse route.

C’est pour acheter du mobilier aux fablabs du coin, qui ont reçu des plans qui ne s’impriment pas dans leur modèle qui fait référence, 10cm trop grand :upside_down_face:

Autant que le pognon serve 2fois, c’est pas con si on prend la peine au moins de se rencarder sur la taille maxi pour que ça sorte desdits fablabs du coins.

Ça ressemble à ça, à côté vous devriez trouver un uniforme casquette/polo appelé CNFS qui vous inclus numériquement
image

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Et encore, vous n’êtes pas dans le cercle de discussion des CnFS… L’échange a été publié sur un fil de discussion, j’ai pris parti : je suis le relou anti_GAFAM. :thinking:

Ça peut s’entendre que rien que le titre « Surveillez » ça n’inspire pas à la bienveillance.

On a une culture commune à faire vivre avec les CNFS, je rejoins @Angie là dessus pour notre participation aux évènements (merci pour la liste)

Par exemple quand je pense données privées et GAFAM, j’ai l’exemple de l’interdiction de l’IVG dans des états US qui me vient directe en tête.
Pas dit que t’en es la même lecture si on t’évoque jamais cet exemple, etc…

Si t’es pas un peu au fait des sujets qu’ont éclairés Assange ou Snowden, de l’extra territorialité du droits US, tu vois moins le problème à t’en remettre à leurs services.

Je crois pas que c’était au programme de ma formation ou très léger, ça aurait pu avoir une place dans « Comprendre les enjeux » du référentiel ci-mentionné.

Sur ce, je suis très mal à l’aise avec les réactions exacerbées que cela génère ici ou là.

Si la mienne en fait partie @stephane j’en suis désolé, sarcasme pour exprimer ma grosse frustration.

Bref, si des CNFS me lisent je leur souhaite bien du courage, perso je les surveilles pas.
J’observe juste que « Apprendre à utiliser les réseaux sociaux », c’est bien différent de « Comprendre les réseaux sociaux ».
M’est d’avis que faut faire un peu des 2, c’est une redite de https://framablog.org/2023/03/16/ou-est-donc-passee-la-culture-numerique/

Perso, je sentais bien qu’avec les moyens du bord, on allait pratiquer sans trop se poser de question.

Aussi, ne pas faire de généralité, il y a autant de situations différentes que de CNFS à ce que j’ai pu voir dans ma cohorte

Hello, quand je lis :

Je me dis qu’on serait sans doute plus nombreux·ses si on était un peu plus au courant :wink:

Toutes les structures n’ont pas le budget pour payer quelqu’un à temps plein pour s’occuper de suivre tout ça, y’aurait moyen que Framasoft nous signale les événements intéressants / utiles pour la cause ?

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Le constat

Je suis d’accord c’est choquant cet atelier Vinted, tout comme voir des ateliers sur la vie privée organisé par la direction commerciale de Orange lors de la semaine du numérique responsable…

Stratégie

Je rejoins Angie pour dire qu’un courrier frontal risque de ne pas beaucoup faire bouger les lignes. Ou du moins pour que ça marche, il faut que ce soit des plaintes de leurs publics, pas des plaintes émanant de ce qu’iels penseront, à tord ou à raison, être des évangélistes du libre.

Nous avons de notre côté déjà discuté avec différents intervenant⋅es dans des établissements public numérique de Strasbourg et la plupart sont convaincus que « le libre est toujours plus complexe d’utilisation » et que leurs publics n’ont pas besoin de se compliquer la vie pour des raisons idéologiques (c’est un résumé).

A mon avis, il faut aller un cran plus loin en proposant des discussions et des formations pour ces conseiller⋅es, en mettant en avant ce qui peut être raisonnablement pris en main facilement par des personnes qui n’ont pas toutes les compétences numériques de base.

Ça serait déjà un bon début, on passerait alors de « toujours plus complexe » à « parfois plus facile »…

Si vous avez des idées, on a un pad pour une future formation des aidants Emmaüs Connect. Il est vide, tout est à faire, donc hésitez pas.

Intervention au NEC

A Strasbourg, il y a plusieurs actions en place:

  • il est donc prévu cette formation d’une après-midi à destination des bénévoles de Emmaüs Connect.
  • L’association Desclicks pas très loin, fait partie du dispositif Aidants Connect (qui est pas bien payé) et propose cette aide via des outils libres.
  • nos ateliers (ARN et Hackstub) drainent déjà une petite partie du public des établissements public numérique qui ne s’y retrouve pas toujours; les Conseiller numérique se déclarent souvent incapables d’aider quelqu’un qui a Thunderbird (je parle même pas de Linux).
  • des membres d’ARN interviennent aussi en leur nom au Shadok sur ces thématiques.
  • nous tenons également une permanence au sein des locaux de C’Cité, pour aider des personnes mal-voyantes avec leurs outils numériques.
  • sans parler des demandes d’interventions formulées par des associations qui nous connaissent

Au final, en ajoutant les 2 assemblées mensuelles et les réunions pour maintenir notre infra, ça fait déjà beaucoup…
Du coup, je ne sais pas si nous pourront être présent⋅es en pleine semaine le 9 novembre. Je pose ça à l’ODJ.

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Bonjour tout le monde,

Merci Angie d’avoir explicité ce qui me mettait mal à l’aise en lisant ces posts.

Aussi, je dois avouer que j’ai du mal à comprendre tes messages, @reminec. Je ne sais pas si c’est à cause d’un second degré, d’argot ou de blagues, mais c’est dur pour moi de te lire.

Je suis également assez dérangé par la démarche de sermonner les conseillers numériques de la sorte. Personnellement je le prendrais assez mal si une personne que je ne connais pas venait m’expliquer mon métier et me faire la leçon sur ce que je dois promouvoir ou pas − et en l’occurence, leur métier n’est pas de promouvoir des logiciels libres.

Et si on a un rôle à jouer dans la promotion d’outils libres qui pourraient leur servir dans leur travail, je suis certain qu’on peut le faire autrement qu’en les critiquant vertement. Ça pourrait même les intéresser, de promouvoir autre chose que du Google ! Essayons de ne pas nous les mettre à dos ?

tl;dr: Je suis assez convaincu qu’on peut être anti-GAFAM sans pour autant passer pour un·e relou :smile:

PS: On sera au NEC à Bordeaux demain.

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Je suis content, voire satisfait, des différentes réactions qu’il y a eu sur ce fil… Cela démontre qu’il y a, peut-être, un fossé entre ce que certains pensent et la réalité du « terrain » et que certains se posent aussi des questions sur leurs rôles dans cette société…

Défendre la « Cause » ne devrait pas être proportionnel au nombre de conférences que l’on tient !

Néanmoins, j’ai l’impression – je me trompe peut-être - que nombre d’entre vous sont encore éloignés de ce que nos politiques appellent la « fracture numérique ».

DE GRÂCE RENTREZ DANS L’ARÈNE … !!!

Le fait de participer et d’organiser des conférences sur les bienfaits du Libre ne permet pas réellement d’affronter cette « fracture ». Quant aux rôles des conseillers numériques et autres aidants il est pourtant très clair : inculquer les bases du « Numérique », le vocabulaire et le b.a.-ba des technologies qui nous entourent à des populations qui en sont « victimes » et qui ne comprennent pas grand-chose à ce qu’ils font ou à ce qu’ils utilisent.

COMPRENDRE…

Comprendre, c’est la seule mission que nous devons avoir vis à vis de nos utilisateurs ! Comprendre ce qu’est un système d’exploitation, comprendre que ses mails ne sont pas sur son smartphone ou son PC mais bien chez le fournisseur de messagerie, comprendre qu’un service gratuit est une forme de troc malsain (je te donne un service et tu me donnes ton âme), comprendre que les antivirus gratuits ne servent à rien, comprendre que d’utiliser trois navigateurs sur sa machine est un non sens, comprendre qu’il y a des alternatives à Windows, comprendre qu’un PC peut durer largement au-delà de 5 ans, comprendre que l’on n’est pas obligé de souscrire un abonnement à Office365, comprendre que l’on peut gérer correctement ses affaires (ses fichiers) sur sa machine, comprendre que Google n’est pas l’Internet, comprendre que lorsque que l’on possède une adresse en wanadoo.fr alors que l’on est plus client de Orange depuis plusieurs mois/années va poser un problème à terme, comprendre que Win7 et Win8 ne sont plus maintenus, comprendre qu’un PC qui rame n’est pas une machine usée ou en fin de vie , etc.

LA VRAIE VIE C’EST CELA !

Dans mon département (75ème au rang du PIB), je suis confronté, au quotidien à ce que l’on appelle la « fracture numérique » avec une population qui ne comprend pas, qui subit et paie le prix fort – et donc s’appauvrit – pour faire croire qu’ils sont dans le coup avec leur page Facebook (oui oui, Facebook est encore très prisé dans nos campagnes…) ou leur smartphone dernier cri, d’une puissance telle un réacteur nucléaire alors qu’ils ne font que du WhatsApp… Les quotidiens locaux (pauvres et à l’agonie) recensent inlassablement les commerces qui périclitent et qui ferment les uns après après les autres après parfois 30, voire 50 années de bons et loyaux services. Et pourtant, pas de Uber Eats ici, encore moins de Deliveroo, les distances sont telles que ces modèles ne tiendraient pas deux semaines… Certaines sociétés informatiques locales (des bricoleurs…) facturent jusqu’à 170€ un « nettoyage » de PC… Alors quand un Conseiller numérique fait l’apologie des services Vinted, Amazon ou Google au lieu d’expliquer comment maintenir sa machine, permettez moi de CRIER !

Alors certes, nos campagnes n’ont peut être plus beaucoup de valeurs pour certains d’entre vous, vous qui habitez Paris, Lyon ou Marseille mais ôtez-moi d’un doute, vegan ou viandard, heureusement qu’il y a la campagne non ? Mais peut-être n’avons nous pas les mêmes valeurs…

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Je vois pas trop ce que l’allusion aux citadins viandards, vegan etc. a à faire dans la discussion, et un ptit coup d’œil notamment au camp chatons montre qu’on est loin d’être toustes citadins :slight_smile:

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Le sentiment de Framasoft, me semble t’il, est que si la médiation numérique nous intéresse, alors il y a des points de rencontre évidents pour ces questions là, dont Numérique En Commun. Et je pense qu’Angie aimerait qu’il y ait d’avantage d’appétences sur ces questions au sein du collectif mais que ses expériences passées ont montré le contraire. Ça me met un peu mal à l’aise quand certain messages donnent l’impression d’exiger des choses de Framasoft, alors qu’on pourrait être aussi d’avantage dans une posture d’écoute

D’ailleurs à tout hasard, l’article dans Le Monde sur les CHATONS a été écrit dans le contexte de cet évènement Numérique En Commun (c’est écrit dans l’encart en bas). Il y a un sujet à soigner ses relations publiques pour exister à travers les médias dominants, quand bien même on ne soit pas satisfait dans les détails. D’autant plus que si on connecte les points jusqu’au bout, c’est probablement à travers la participation de Framasoft à cet évènement que le journal a eu l’idée de faire un article sur CHATONS. Ici bien sûr il n’est pas question d’engager l’image de CHATONS, mais je partage tout de même la réflexion.

Enfin, en général quand je prends position publiquement, j’essaie d’avoir un peu en tête les différents discours qui pré-existent à mon message, afin de les prendre en compte (soit en y opposant clairement une idée, soit en soulignant la connexion). En lisant ce fil, j’ai pensé à ce texte d’Éric Guichard et cette proposition de définition de l’éducation populaire. Et je me dis que j’aurais construit ma pensée un brin différemment afin d’être plus percutant si j’avais du interagir avec un conseiller numérique.

La militance est un jeu d’échec. Chacun place ses pièces de manière stratégique, avec plusieurs coups d’avances. Il est important de comprendre comment les réseaux, les structures, les relations de pouvoir fonctionnent, et comment les idées se diffusent. Et ça peut être bien de pas faire rater le coup des copaines au passage ^^

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Comme cela a été mentionné dans le fil de discussion, la vidéo de Lancement de Numérique En Commun 2023 est en ligne :

Je trouve qu’elle est assez révélatrice de l’écart entre une volonté (politique) théorique et une réalité, notamment dans les pratiques quotidiennes des CnFS.

Bonsoir,
Moi aussi j’ai été confronté à des utilisations de l’argent public pour ‹ aider › les big techs à recueillir plus d’utilisateurs.
J’ai assisté à plusieurs reprises à des ateliers d’accompagnement au numérique : création d’une adresse gmail, d’un compte facebook, utilisation des services Google, etc.
A chaque fois c’était à l’initiative du conseiller, sans demande utilisateur, et surtout sans aucune communication sur les risques associés.
En tant que ‹ partenaire officiel › de cette association - Linux Azur - je me suis permis de faire un point sur leur fonctionnement.
Les ordinateurs sous Linux étaient systématiquement écartés, l’équipe se justifiait du fait que le libre était trop compliqué… Qu’il fallait que NOUS les formions bénévolement… Mais malgré l’incohérence de devoir former des professionnels GRATUITEMENT, ils ne sont jamais venus, soit car en dehors de leurs horaires, soit car justement sur leurs horaires de travail…
Quant à expliquer les nécessaires protections des données personnelles, l’argument est que ce serait trop anxiogène !
Las… Nous avons demandé à ne plus afficher un quelconque partenariat pour faire cesser l’hypocrisie.

Alors oui, j’ai parfois l’envie de pousser un grand coup de gueule, même si c’est pisser dans un violon. Quand le directeur adjoint de la CPAM se félicite du financement d’un atelier de formation à l’utilisation de Discord auprès des jeunes… Comment ne pas être choqué de l’utilisation de l’argent public? Surtout que l’argument en faveur des GAFAM est leur convivialité, leur facilité d’accès…
Pourquoi donc des ateliers pour l’utilisation de codes ‹ intuitifs ›?

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C’est pas faux: le fait d’avoir une sensation de ne pas maîtriser, de n’y rien comprendre et qu’en plus des multinationales en profitent, ça n’aide pas vraiment ces personnes à choisir d’y passer un peu de temps.

Toutefois, puisqu’une partie du public se pose pas mal de questions sur le sujet, voir imagine des choses qui ne peuvent pas avoir lieu, il faut pas hésiter à faire remarquer qu’il est plus sain d’organiser des sessions pour répondre aux questions et démentir certaines idées un peu trop parano. A condition, bien sûr, de savoir de quoi on parle, et ça malheureusement, je suis pas sûr que tous les CN le sachent vraiment…

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« , ça n’aide pas vraiment ces personnes à choisir d’y passer un peu de temps. »
En vrai, la population concernée ne vient pas forcément par choix, mais beaucoup plus souvent par déshumanisation des interfaces remplacées par du numérique, chronophage à souhait…
Le passage au numérique est bien trop souvent imposé pour les aspects administratifs.

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Et bien, je rentre ce matin et découvre la suite des échanges… et j’ai pas vraiment envie d’en ajouter une couche. Merci à @quentin d’avoir bien synthétisé les choses.

Et pour l’anecdote, lors du NEC, un bingo a été mis en place et la 2nde occurrence de celui-ci est :

quand est-ce que vous passez sur un logiciel libre ? (ou tout autre commentaire sur l’usage des GAFAM)

Et j’ai bien fait attention pendant ces 2 jours à ne jamais prononcer cette phrase :wink: (parce que vraiment, j’en ai marre d’être toujours associé⋅e aux relous de la pureté libriste)

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Je pense qu’il y a une incompréhension quelque part ou bien je suis un nul en terme de communication… Sans vouloir en rajouter, relisez ces points :

  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens comment garder une machine Windows en bonne santé, ce que je fais au quotidien puisque 95 % de mes « élèves » sont sur Windows,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens comment ne pas envoyer systématiquement leurs photos et vidéos sur leur DriveGoogle (ou iCloud ou OneDrive), flinguant ainsi leur forfait Data opérateur, voire se sentir obligé de racheter du stockage quand c’est plein et qu’on ne comprend pas pourquoi,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens qu’il n’est pas nécessaire de prendre un abonnement à MS Office 365 pour faire un tableau ou un courrier,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens qu’un enseignant n’a pas le droit d’exiger qu’un devoir soit fait sur MS Excel ou MS Word,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens qu’un ordinateur qui rame n’est pas en panne et qu’il existe des solutions pour prolonger sa vie de plusieurs années,
  • les conseillers et autres aidants numériques n’apprennent pas aux citoyens qu’il est possible de parapher et de signer un document PDF sans l’imprimer…

Des comme ça, j’en ai toute une cargaison…

Donc comme vous pouvez le constater, pas de « Librisme » ici, pas de haine non plus, juste un petit coup de gueule quand on on sait que nous sommes « bénévoles » et que nous passons des heures (plus de 100 par mois en ce qui me concerne) à réparer des discours faits par des gens payés par nos impôts.

Mais bon, je dois être un incompris…un peu comme Lucky Luke…